La citation de la semaine

"Lire donne l'occasion très tôt d'aménager sa solitude intérieure. Elle devient alors source de plaisir, de bonheur, de richesse, au lieu d'être vécue comme un cachot, un malheur, une pénitence. Aucun autre instrument éducatif, télévision, conférences, jeux, ne saurait la remplacer, car il n'y a que la lecture où l'on soit seul. Un enfant sachant tirer parti de sa solitude s’accommodera de tout."

Madeleine Chapsal

11 nov. 2014

"Tant que nous sommes vivant" - Anne-Laure Bondoux, 2014

Il est de ces auteurs ou ces films, quand vous ne les connaissez pas, on vous répond dans un soupir "quelle chance...", car on aimerait pouvoir les découvrir à nouveau pour la toute première fois. Comme dans les histoires d'amour, rien n'égale jamais le tout premier frisson, le tout premier émerveillement...

Anne-Laure Bondoux fait partie de ces auteurs-là. Et j'ai la chance de la découvrir pour la toute première fois à la lecture de ce roman magistral (merci Audrey!).

Il s'agit d'un conte moderne sur fond d'une crise économique sans équivalent. Les héros de ce conte sont Bo et Hama, deux ouvriers qui ont la "chance" de travailler dans la dernière usine du pays. Tout démarre avec un regard, un battement de cœur un peu plus intense que les autres, une main frôlée, et un amour qui naît alors que personne n'aurait pensé que ça puisse encore arriver. Le bonheur est donc encore possible?

Et puis un jour, tout bascule. Bo croit perdre Hama, Hama croit perdre Bo. Leurs retrouvailles dépendront de la puissance de leur amour, de leur capacité à se faire confiance, à s'abandonner l'un à l'autre, à affronter ensemble les obstacles de la vie.

Tout amène à se poser cette question: faut-il toujours perdre une part de soi pour que la vie continue? La vie est faite de choix, et choisir c'est renoncer...

C'est un roman qu'on lit comme on regarde un film. Le style d'écriture ciselée donne un récit extrêmement graphique (et d'ailleurs, la couverture fait partie intégrante du récit. C'est la première fois que je trouve cela aussi flagrant). J'ai eu l'impression de lire une histoire très contrastée en noir et blanc, et dans ce décor bicolore, de voir seulement les héros évoluer en couleur. Comme si le décor était l'écrin pour les mettre en valeur. Je ne saurais mieux vous décrire ce ressenti "photographique"...

Et enfin, autre sensation de lecture étrange, celle que le temps, dans cette histoire, ne se déroule pas de façon linéaire, mais plutôt comme une boucle. L'histoire d'une famille qui se transmet de génération en génération... Je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de cette aventure magique!

Bonne lecture!!


Tant que nous sommes vivants, d'Anne-Laure Bondoux
Gallimard, 2014

Aucun commentaire: