La citation de la semaine

"Lire donne l'occasion très tôt d'aménager sa solitude intérieure. Elle devient alors source de plaisir, de bonheur, de richesse, au lieu d'être vécue comme un cachot, un malheur, une pénitence. Aucun autre instrument éducatif, télévision, conférences, jeux, ne saurait la remplacer, car il n'y a que la lecture où l'on soit seul. Un enfant sachant tirer parti de sa solitude s’accommodera de tout."

Madeleine Chapsal

18 févr. 2012

"C'est l'histoire d'une histoire" - Edouard Manceau, 2011

"C'est l'histoire d'une histoire qui recommence tous les jours. Chaque matin c’est la même chose..." Le gardien de l’histoire commence sa journée en allant réveiller le grand méchant loup, qui lui va traquer un petit cochon, un lièvre, un écureuil, et un ours…
Mais aujourd’hui, il pleut, et le gardien est resté chez lui. Le loup n’a pas été réveillé. L’histoire commencera vraiment demain… s’il fait beau !

Construite à la façon d'une randonnée, cette histoire dépoussière les contes, et tient son originalité du fait qu'elle raconte l'histoire qui se déroulerait si elle avait vraiment commencé... On nous raconte l'histoire d'une absence d'histoire! Car il n'y a que deux scenarii possibles: soit il fait beau, le loup sort, et l'histoire se déroule normalement; soit il pleut, le gardien ne sort pas, et il n'y a pas d'histoire. J

Le tout est servi par de superbes illustrations qui viennent exciter notre imagination. Car ici, le travail sur l'image est remarquable. Les personnages ne sont jamais dessinés; ils n'existent que par le texte. Les illustrations sont des décors qui représentent le cadre dans lequel évolueraient les personnages si l'histoire se déroulait vraiment... Mais le texte leur donne tellement de consistance, que notre cerveau est victime de persistance rétinienne, et se souvient pourtant les avoir vus. Etonnant!

Ce livre, c'est le genre de livre qu'il faut absolument avoir chez soi, et à glisser entre les mains de tous, jeunes et vieux. Car il fait appel aux schémas habituels, tout en sortant du cadre attendu; il aborde la notion d'infini chère à Manceau, l'éternel recommencement (mais pas exactement), le libre arbitre... Chez moi, il fait appel à cette éternelle question: "Et si ma vie n'était pas ma vie, mais seulement le rêve de ma vie?", ou encore au ruban de Möbius qui, même adulte, continue de me fasciner.

Enfin voilà, ce livre c'est une expérience, et je vais arrêter de vous en parler, sinon je vais y passer la journée!

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