La citation de la semaine

"Lire donne l'occasion très tôt d'aménager sa solitude intérieure. Elle devient alors source de plaisir, de bonheur, de richesse, au lieu d'être vécue comme un cachot, un malheur, une pénitence. Aucun autre instrument éducatif, télévision, conférences, jeux, ne saurait la remplacer, car il n'y a que la lecture où l'on soit seul. Un enfant sachant tirer parti de sa solitude s’accommodera de tout."

Madeleine Chapsal

15 mai 2009

"Disparu à jamais" - Harlan Coben, 2002


Après avoir lu les deux premiers tomes de Millenium, j'ai entamé - en toute logique -le troisième et dernier volume, La reine dans le palais des courants d'air. Mais l'intrigue est devenue trop politique, trop compliquée... et j'ai décroché.

J'avais donc besoin de trouver un livre qui m'accroche et ne me lâche plus. Et c'est là que "Disparu à jamais" est arrivé providentiellement entre mes mains. Un thriller. Ca faisait longtemps!

L'histoire se déroule dans la banlieue de New-York. Ken Klein, accusé du viol et du meurtre de sa petite amie, disparaît du jour au lendemain, emportant avec lui le secret des évènements. Will, son frère, est convaincu de son innocence, et a fini par se résigner à sa volatilisation.

Mais voilà que onze ans après les faits, Sheila, la fiancée de Will, disparaît à son tour, avec pour toute explication ces mots mystérieux: "Je t'aimerai toujours". A peu près au même moment, Will apprend que son frère a été aperçu non loin de là. La coïncidence est troublante... Et si après tout ce n'en était pas une? Et si Ken était vivant?
Will va alors se replonger dans le passé pour tenter de prouver l'innocence de son frère, et d'expliquer la disparition de Sheila. Mais les vieux fantômes ressurgissant, il va vite réaliser que ceux qu'il croyait le mieux connaître lui étaient en réalité complètement étrangers.

Tous ces ingrédients font de "Disparu à jamais" un thriller palpitant. Lu en quelques jours, je n'en ai décroché que pour dormir ou travailler! Cela faisait longtemps que je n'avais pas plongé dans une aventure qui me fasse oublier le cours du temps! Cette histoire s'avale, se dévore avec une facilité déconcertante...

Les personnages sont bruts; ce sont des héros avec de vraies personnalités, des histoires torturées, de vieilles cicatrices qui peinent à se refermer; ils sont taraudés par des questions existentielles comme nous le sommes tous.

Ils sont faillibles, pleurent, rient, aiment, haïssent, doutent, et ce en toute sincérité. Nous pourrions (presque) être eux... Nous allons de découverte en découverte, et l'on passe par toutes les émotions, du doute à l'angoisse, des frissons à la stupeur, en passant par le dégoût et la fascination de la perversion.

L'histoire va crescendo, avance graduellement au fil des révélations, et se termine en apothéose. Les personnages doivent se retourner pour avancer, mais pour le lecteur, plus il avance dans l'histoire, plus ça lui retourne le cerveau!

L'auteur se joue de son lecteur, lui fait passer pour vraies les pires inepties, et ce qui est fou, c'est que l'on y croit! A 200%! On veut y croire, car l'histoire nous plaît comme cela. Nous nous montons notre propre scénario, notre version de l'histoire parce que l'auteur le veut ainsi. Et dès qu'il sent que l'on est à point, hop, d'une page tournée il renverse la situation, réussit à nous faire vaciller, à remettre en cause jusqu'aux doutes que l'on pouvait avoir. Du travail de maître!

Pas étonnant que son roman Ne le dis à personne ait été adapté au cinéma avec un tel succès. Harlan Coben a vraiment une plume de qualité - malheureusement mise à mal par une bien piètre traduction; défenseurs du passé simple, rebellez-vous! - et cela vaut vraiment le coup de prendre quelques heures pour la découvrir.

Je terminerai enfin sur ces quelques mots:

"Un livre est un engrenage. Prenez garde à ces lignes noires sur le papier blanc; ce sont des forces; elles se combinent, se composent, se décomposent, entrent l'une dans l'autre, pivotent l'une sur l'autre, se dévident, se nouent, s'accouplent, travaillent. Telle ligne mord, telle ligne serre et presse, telle ligne entraîne, telle ligne subjugue. Les idées sont un rouage. Vous vous sentez tiré par le livre. Il ne vous lâchera qu'après avoir donné une façon à votre esprit. Quelques fois, les lecteurs sortent du livre tout à fait transformés."

Victor Hugo [1802 - 1885]



Disparu à jamais, Harlan Coben
Pocket, 2002

5 commentaires:

Diane a dit…

J'ai lu un seul Harlan Coben il y a quelques mois, avec un a priori très positif sur cet auteur (avec tout le bien qu'on m'en disait!), et bien j'ai eu du mal à être entraînée dans l'intrigue. Je ne dirais pas que c'était fastidieux, mais c'était loin d'être aussi captivant que ce que j'attendais d'un bon thriller. Et pourtant, c'était en VO, si je puis dire, donc pas de détérioration du style due à la traduction.
Enfin je n'ai peut-être pas eu de chance et je suis peut-être tombée sur son moins bon bouquin, mais ça ne m'a pas donné envie plus que ça d'en lire d'autres de lui.

AF a dit…

C'était quel livre? Tu n'as peut-être juste pas eu de chance... Serais-tu prête à retenter, pour ne pas rester sur une déception?

Diane a dit…

C'était "One False Move", qui s'appelle apparemment "Temps Mort" en français. Tu l'as lu? C'est dans la série des Myron Bolitar. Il faudrait peut-être que je retente un autre livre, mais parmi ses oeuvres "indépendantes".

AF a dit…

Non, je ne le connais pas. c'est donc une future lecture potentielle!

Anonyme a dit…

Effectivement, la traduction est une véritable catastrophe: l'absence de passé simple rend le roman purement illisible.
Une habitude chez cette "traductrice" ...